L’analyse isotopique du néologisme dans Pays-là (2017) de Samuel Millogo
- Revue Hybrides , vol.003 : 16-27
Résumé
Fondamentalement, selon Rastier, une isotopie est instituée par une série de relations d’identité entre
sèmes (1985, p. 4). Ces relations induisent des relations d’équivalence entre sémèmes. Mais le modulo de
l’équivalence n’est pas une donnée et il faut généralement parcourir des inférences pour l’identifier. Cependant,
plusieurs stratégies d’inférence peuvent être possibles ; et divers lecteurs obtiennent des scores différents en
raison de la disparité de leurs connaissances encyclopédiques. Dans les deux cas, la description de l’isotopie est
conditionnée par la compétence interprétative. Pour ce faire, le roman Pays-là, traitant des mutations politiques et
l’incurie des dirigeants africains de la colonisation aux indépendances, comporte des nouveaux mots et
d’expressions nouvelles intéressants à analyser. L’article se propose alors d’analyser cette œuvre romanesque
sous l’intitulé mentionné de Samuel Millogo. L’objectif est d’examiner le fond lexical et l’intentionnalité de la
création de ce néologisme chez Millogo tout en convoquant l’analyse d’isotopique et sémantique de Jean François
Rastier et la sémiotique peircienne. Subséquemment, l’unité du texte et l’intentionnalité à partir du travail de
rénovation lexicale et syntaxique de la langue de création sont cernées. Spécifiquement, les sèmes construits sous
forme de jonction téméraire, de déformation inattendue des lexies dans le corpus ou d’emprunt et ablation
coupable sont trouvées. C’est une analyse complète par la sémantique interprétative des isotopies néologiques
d’une part dénotative de la mauvaise gouvernance et d’autre part du néologisme aux isotopies sémantiques de la
survie de la population.
Mots-clés
Nouveaux mots, Mauvaise gouvernance, Sémiotique