L’avacopan dans la stratégie thérapeutique des vascularites associées aux ANCA : efficacité et épargne cortisonique
- 4èmes Journées nationales de rhumatologie de la Société Burkinabè de Rhumatologie (SBR) les 13, 14 et 15 mars 2024 Ouagadougou (Burkina Faso) : 53-53
Résumé
Introduction : Les vascularites associées aux ANCA (VAA), incluant la granulomatose avec polyangéite (GPA) et la polyangéite microscopique (PAM), sont des maladies systémiques sévères, caractérisées par une inflammation nécrosante des petits vaisseaux et une morbi-mortalité élevée, liée à la fois à l’activité de la maladie et à la toxicité des glucocorticoïdes. La mise en évidence du rôle central de l’axe C5a–C5aR1 du complément dans l’activation des neutrophiles a conduit au développement de l’avacopan, inhibiteur oral sélectif du récepteur C5aR1, visant à contrôler l’inflammation sans exposition prolongée aux corticoïdes.
Patients et méthodes : Une revue systématisée de la littérature a été réalisée dans le cadre d’une veille bibliographique continue arrêtée au 30 avril 2026. Les bases PubMed, ClinicalTrials.gov et les principales recommandations internationales (EULAR, KDIGO) ont été interrogées. Ont été inclus les essais randomisés, études de phase II–III et analyses post-hoc évaluant l’avacopan chez des patients adultes atteints de GPA ou de PAM, en induction et/ou maintien de rémission, comparé aux schémas standards à base de glucocorticoïdes. Les critères de jugement retenus étaient la rémission (BVAS = 0), la rémission soutenue, la fonction rénale (DFGe), la sécurité d’emploi et l’épargne cortisonique.
Résultats : Les données issues principalement de l’essai pivot ADVOCATE et de ses analyses complémentaires montrent que l’avacopan est non inférieur aux schémas corticoïdes pour l’induction de la rémission et supérieur pour la rémission soutenue à 52 semaines. Une amélioration significativement plus importante de la fonction rénale a été observée, notamment chez les patients présentant une glomérulonéphrite active. L’exposition cumulative aux glucocorticoïdes a été fortement réduite, avec une diminution des complications métaboliques et infectieuses associées.
Conclusion : L’avacopan représente une avancée majeure dans la prise en charge des VAA, permettant une stratégie thérapeutique ciblée, plus sûre et potentiellement moins délétère à long terme. Son intérêt est particulièrement marqué chez les patients à atteinte rénale. Des études de suivi prolongé restent nécessaires pour préciser son impact sur la survie, les rechutes et le rapport coût efficacité.
Mots-clés
Avacopan ; Vascularites associées aux ANCA ;Granulomatose