IMPACT DE LA CRISE SECURITAIRE SUR LE SYSTEME EDUCATIF ET DYNAMIQUE DE RESILIENCE AU BURKINA FASO
- Editions L'Harmattan : 1-213
Résumé
Le Burkina Faso se trouve au cœur d'une crise sécuritaire et humanitaire dont l'onde de choc menace directement le droit fondamental à l'éducation, mettant en péril l'avenir d'une génération entière. Face à cette réalité critique, il est impératif d'évaluer avec rigueur les conséquences de cette situation sur le système scolaire. Cette étude a été entreprise avec pour objectifs principaux de décrire l'évolution des indicateurs clés du secteur de l’éducation avant et pendant la crise, d'identifier les disparités régionales et de genre dans cet impact, d'analyser les facteurs explicatifs de la variation des indicateurs, et d'examiner les stratégies d'adaptation développées par les acteurs locaux face aux perturbations.
Pour atteindre ces objectifs, la recherche a adopté une approche méthodologique triangulaire, combinant des analyses descriptive, économétrique et qualitative, et permettant ainsi de croiser différentes perspectives pour une compréhension approfondie. Les données mobilisées proviennent des statistiques officielles des ministères en charge de l'Éducation, complétées par des données d’enquêtes nationales et une série d'entretiens qualitatifs réalisés sur le terrain.
L'analyse économétrique a notamment eu recours à la méthode de double différence (DiD) pour établir une causalité entre la crise sécuritaire et les indicateurs éducatifs, en s'appuyant sur des variables socio-économiques, démographiques et institutionnelles pour expliquer les variations observées.
Les résultats obtenus confirment un effet négatif généralisé de la crise sécuritaire, qui a entraîné une baisse significative des taux d'accès et d'achèvement depuis 2018, révélant une véritable désorganisation sociale et menant presqu’à l'effondrement du système éducatif dans certaines zones. L'étude met en évidence des disparités régionales extrêmes, la probabilité de scolarisation d'un enfant étant directement et négativement associée au niveau de défi sécuritaire de sa zone de résidence. Le constat le plus inattendu et essentiel est l'infirmation de l'hypothèse d'une plus grande vulnérabilité des filles, suggérant au contraire une nécessité de focaliser l'attention sur les facteurs qui rendent les garçons plus exposés au travail ou à d'autres formes d'exploitation, tandis que les stratégies d'adaptation développées par les acteurs éducatifs parviennent à atténuer partiellement l'impact global.
Au terme de cette analyse, l'urgence s'impose : l'éducation doit être traitée comme un secteur prioritaire pour la reconstruction. Les recommandations s'adressent directement aux décideurs politiques en plaidant pour la sécurisation ciblée des écoles, l'augmentation du financement dans les zones de crise et l'intégration systémique du soutien psychosocial pour les élèves et les enseignants traumatisés.
Enfin, la communauté des partenaires (nationaux et internationaux) est invitée à financer des infrastructures alternatives et à appuyer la recherche longitudinale sur les parcours des élèves déplacés, y compris par l'exploration approfondie des nouvelles dynamiques de genre, afin de garantir que l'éducation demeure un levier de paix et d'espoir pour l'avenir du Burkina Faso.
Mots-clés
crise sécuritaire, système éducatif, impact, résilience, Burkina Faso