Niveaux, Tendances et Déterminants de la Morbidité Palustre des Enfants de Moins de Cinq ans au Burkina Faso de 2010 à 2018
- European Scientific Journal , 18 (27) : 49-76
Résumé
Sous l’effet combiné de l’amélioration de la lutte anti-vectorielle, du diagnostic rapide des infections plasmodiales, des traitements efficaces et les changements socioéconomiques, le paludisme a régressé depuis 2010 dans toutes les régions du monde (OMS, 2020). Toutefois au Burkina Faso, le paludisme affecte plus les enfants et demeure la première cause de leurs décès (Ministère de la santé, 2018). Cette étude vise à contribuer à une meilleure connaissance de l’évolution du paludisme chez les enfants et des facteurs qui sont à l’origine de la persistance dans le temps de cette maladie. Les données utilisées sont issues de l’EDS-MICS-IV 2010, l’EIPBF 2014 et de l’EIPBF
2017-2018. L’analyse descriptive (décomposition) et l’analyse explicative (régression logistique binomiale) ont été utilisées pour atteindre nos objectifs.
Les analyses descriptives, à travers la décomposition de la baisse de la morbidité palustre des enfants, indiquent que ce sont les changements de comportement qui ont entrainé cette baisse plutôt que la structure des différentes catégories sociales. Ces changements de comportement, qui sont favorables à la baisse du paludisme, sont attribuables aux politiques généralisées. Par ailleurs, les analyses multivariées explicatives indiquent que 7 facteurs persistent dans la détermination du risque de paludisme à n’importe qu’elle année d’étude sur le phénomène : le milieu de résidence, la religion de la mère, le niveau de vie du ménage, le type de lieu d’aisance, le principal matériau du mur, l’exposition aux médias de la mère et l’âge de l’enfant. Les autres facteurs ne sont pas significatifs simultanément aux trois années d’étude. Ainsi, les interventions antipaludiques doivent mettre un accent particulier sur les facteurs persistants.
Mots-clés
Tendance, déterminants, morbidité, paludisme