Regard paysan face à l’Aflatoxine et les biocontrôles au Burkina Faso. Perceptions, canaux d’information et adoption de l’Aflasafe dans la province du Tuy.
- UIRTUS , 6 (1) : 379-398
Résumé
L’aflatoxine constitue un problème sanitaire et économique majeur pour les filières du maïs et de l’arachide en Afrique
de l’Ouest. Malgré l’existence de solutions de biocontrôle telles que l’Aflasafe, leur adoption par les producteurs
demeure limitée et hétérogène. Cet article analyse les perceptions paysannes de l’aflatoxine et les facteurs associés à
l’adoption de l’Aflasafe dans la province du Tuy, au Burkina Faso. L’étude repose sur une enquête menée auprès de
114 producteurs de maïs et/ou d’arachide, combinant questionnaires structurés, entretiens semi-directifs et
observations de terrain. Les résultats montrent que 53,33 % des producteurs (n=114) ont déjà utilisé l’Aflasafe au
moins une fois, mais que l’usage reste souvent ponctuel et dépendant des dispositifs de projets. Les principales
contraintes déclarées concernent l’accès au produit, son coût et le manque d’accompagnement technique. L’analyse
par régression logistique met en évidence le rôle déterminant des superficies cultivées et, surtout, des canaux
d’information dans l’adoption. Les caractéristiques sociodémographiques apparaissent peu discriminantes. L’article
souligne que la faible visibilité du risque aflatoxine et l’absence de preuves immédiatement observables de l’efficacité
du biocontrôle constituent des freins majeurs à son appropriation. L’étude repose toutefois sur un échantillonnage
boule de neige limité à la province du Tuy ; les résultats doivent donc être interprétés avec prudence et ne sont pas
directement généralisables à l’ensemble du Burkina Faso. Les résultats invitent à renforcer les dispositifs de formation,
de démonstration et d’accès au produit afin d’améliorer l’efficacité des stratégies de lutte contre l’aflatoxine.
Mots-clés
Aflatoxine, adoption de l’innovation, biocontrôle, aflasafe, perception du risque, Burkina Faso