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Dix années de prise en charge de la schizophrénie au Burkina Faso : une étude rétrospective au chu yalgado Ouédraogo (2010–2019)

  • presse universitaire de Ouagadougou : 187-199
Discipline : Sciences sanitaires
Auteur(s) :
Auteur(s) tagués : KARFO Kapouné
Renseignée par : BAGUE Boubacar

Résumé

Introduction : La schizophrénie, trouble psychotique sévère, constitue un problème majeur de
santé publique au Burkina Faso, où l’accès aux soins spécialisés reste limité. Cette étude rétrospective
vise à décrire les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques des patients
schizophrènes pris en charge au CHU Yalgado Ouédraogo (CHU YO) entre 2010 et 2019, afin d’orienter
les stratégies de prise en charge.
Méthodes : L’analyse a porté sur 8 512 dossiers de patients (après exclusion des données
incomplètes), dont 1 811 cas confirmés de schizophrénie. Les données sociodémographiques (âge, sexe,
lieu de résidence) et cliniques (sous-types selon la CIM-10, syndromes, modalités de sortie) ont été
extraites des dossiers médicaux via l’application Kobo Collect. Les analyses statistiques ont été réalisées
avec Stata 15.0.
Résultats : Les patients étaient majoritairement jeunes (61,1 %, âgés de 20 à 39 ans dont l’âge
moyen était de 34,65 ans), des hommes vivant en milieu urbain (70,8 %), avec une prédominance de la
schizophrénie paranoïde (86,4 %). Les syndromes délirants (43,6 %) et l’agitation (26,6 %) étaient lesmanifestations cliniques les plus fréquentes. La tendance des admissions a montré un pic en 2015 (+17,9
%), attribué à des facteurs contextuels. La prise en charge était principalement ambulatoire (73,5 %),
avec 79,4 % des sorties planifiées. Cependant, 9 % de sorties contre avis médical et 6,7 % de fugues ont
révélé des difficultés d’adhésion au traitement.
Discussion : Cette étude confirme la surreprésentation des jeunes hommes atteints de
schizophrénie, en accord avec les données régionales. La prédominance du sous-type paranoïde et des
symptômes positifs souligne la nécessité de protocoles thérapeutiques combinant antipsychotiques et
thérapies cognitivo-comportementales au Burkina Faso. Au CHU YO, la prise en charge était
majoritairement planifiée. L’augmentation des admissions reflète une amélioration de l’accès aux soins,
bien que l’inégalité d’accès persiste pour les populations rurales. Les limites de l’étude incluent un biais
de sélection (centre unique) et des données manquantes.
Conclusion : Malgré une prise en charge globalement efficace, les résultats plaident pour : la
décentralisation des services de santé mentale, le renforcement des interventions communautaires et la
recherche sur les déterminants sociaux. Des études multicentriques sont nécessaires pour généraliser ces
observations.

Mots-clés

Schizophrénie, Burkina Faso, épidémiologie, prise en charge, santé mentale

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