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COMMUNICATION

Prise en charge et évolution du syndrome de Guillain-Barré en contexte à ressources limitées : étude multicentrique dans les CHU de Ouagadougou au Burkina Faso

  • Sixième Congrès de la Société Burkinabé de Neurochirurgie (SOBUNC), 5-7 février 2026, à Ouagadougou, Burkina Faso : 50-50
Discipline : Médecine clinique
Auteur(s) :
Renseignée par : LOMPO Djingri Labodi

Résumé

Introduction : Le syndrome de Guillain-Barré (SGB) est confronté en Afrique sub saharienne, à de nombreux défis diagnostiques et thérapeutiques, impactant négativement le pronostic des patients. Le but de la présente étude était de décrire les modalités thérapeutiques et évolutives du SGB dans les CHU de Ouagadougou, au Burkina Faso.
Patients et méthodes : Il s’est agi d’une étude transversale descriptive à collecte prospective, réalisée dans les CHU de Ouagadougou (Yalgado Ouédraogo, Tengandogo, Bogodogo), de mars 2018 à mai 2022. Ont été inclus, les patients d’âge ˃ 16 ans, admis pour SGB selon les critères de Brighton modifiés. La gravité clinique à la phase d’état et en fin d’hospitalisation a été évaluée grâce au GBS Disability Score (GBSDS). Les données socio-démographiques, cliniques, thérapeutiques et évolutives intra hospitalières, ont été analysées.
Résultats : En tout, 79 patients ont été consécutivement hospitalisés pour SGB, leur moyenne d’âge était de 38 ans avec un sex-ratio H/F de 1,25. Le délai moyen d’admission était de 22 jours. Le tableau clinique constitué était celui d’une tétraparésie/plégie hypo ou arfléxique (100%) avec déficit des muscles respiratoires (44,3%), atteinte des nerfs crâniens (58,2%), troubles dysautonomiques (55,7%) et dissociation albumino-cytologique (100%) ; à l’ENMG, les formes démyélinisante et axonale, représentaient respectivement 57,6% et 42,4%. A la phase de plateau, 36% et 21% des patients avaient respectivement un déficit très sévère (GBSDS 4) et une détresse respiratoire (GBSDS 5). La corticothérapie (58,2%), les immunoglobulines intra veineuses (IgIV) (6,8%) ont les thérapeutiques spécifiques utilisées. Les complications infectieuses (41,8%) en particulier la bronchopneumopathie d’inhalation (27,8%), la détresse respiratoire aigüe (13,9%) et les complications dysautonomiques cardiaques (6,3%), ont été les complications hospitalières les plus fréquentes. Un transfert en réanimation effectué chez 18 patients (22,8%), était motivé principalement par la survenue d’une détresse respiratoire (13,9%). En fin d’hospitalisation, le taux de mortalité hospitalière était de 22,8% et les causes immédiates de décès étaient dominées par la détresse respiratoire aigüe (44,4%) et l’arrêt cardiaque dysautonomique (16,7%).
Conclusion : Le SGB est confronté au Burkina Faso à un retard d’admission des patients, à une faible disponibilité et à un faible accès aux IgIV et EP et à une mortalité hospitalière élevée. L’admission précoce, une amélioration de l’accès aux immunothérapies d’urgence et aux lits de soins intensifs en ASS, contribueront à améliorer le pronostic des patients avec SGB.

Mots-clés

SGB ; corticothérapie ; immunoglobulines intraveineuses ; mortalité hospitalière ; détresse respiratoire ; Burkina Faso

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