La Côte d’ivoire dans les stratégies migratoires des Burkinabè depuis 1960
- AKOFENA , 1 : 47-62
Résumé
Les migrations voltaïques vers la Côte d’Ivoire, d’origine coloniale, se sont
maintenues, voire renforcées, après l’indépendance des deux pays en 1960. Si les
énormes opportunités de l’économie ivoirienne ainsi que l’adoption de politiques
libérales en matière de migration et d’accès à la terre par la Côte d’Ivoire ont contribué
au développement du puissant courant migratoire vers ce pays, il s’avère, in fine, que
les contradictions sociales internes et les logiques en vigueur dans les sociétés des
zones de départ ont constitué une des principales causes structurelles à l’importance
des départs des cadets sociaux. Si la société mossi a été bousculée par l’ampleur des
départs des bras valides, elle a fini par développer des stratégies pour contrôler, voire
inhiber, le potentiel perturbateur des migrants de retour, de leur pouvoir économique
et, même, tenter de les contrôler dans les zones d’accueil. Ces mécanismes ont
progressivement transformé ces déplacements, initialement temporaires et de courte
durée, en mouvement de colonisation des zones d’accueil grâce aux réseaux familiaux
et communautaires dont l’importance et les ramifications vont amorcer et structurer, à
partir du territoire ivoirien, d’autres axes migratoires, successivement vers l’Afrique
centrale, l’Italie et le Libéria
Mots-clés
Organisation sociale, système politique, réseaux migratoires, Côte d’Ivoire, Burkina Faso