LES INÉGALITÉS EN MATIÈRE DE TRANSFERTS DE FONDS ET LEURS RÉPERCUSSIONS SUR LES CONDITIONS DE VIE DES MÉNAGES LEFT BEHIND
- REVUE INTERNATIONALE DONNI (RID) , 6 (1) : 224-242
Résumé
L'originalité de cet article réside dans la cible de l'étude, à savoir les enfants left behind, autrement dit, les enfants restés au pays d’origine des parents au moment de leur départ ou renvoyé dans ce pays après la migration de leurs parents biologiques. L'objectif est d'analyser les effets des transferts ou envois d’argent/ de fonds dans les ménages d'accueil des enfants restés au pays dans le corridor Burkina Faso - Côte d'Ivoire. Une enquête quantitative a été réalisée dans le cadre du projet MIDEQ (Migration pour le Développement et l'Égalité) couvrant quatre régions administratives et les deux plus grandes villes (Ouagadougou et Bobo-Dioulasso) du Burkina Faso. Ainsi, une analyse comparative à travers des statistiques descriptives et un modèle probit ont été utilisés pour mieux apprécier les effets des envois de fonds sur les ménages d’accueil des enfants restés au pays ou left bihind. La profondeur de la compréhension de la situation des enfants left behind prend en compte les relations qui s'établissent entre les ménages du pays d'origine et leurs membres migrants en Côte d'Ivoire. Les analyses montrent que la présence d'un enfant left behind influence positivement les envois d’argent. Ils montrent également des inégalités dans l'éducation et la socialisation des enfants au bénéfice des ménages bénéficiaires de transfert d’argent. Le niveau de vie des ménages d’appartenance des enfants restés au pays qui reçoivent des transferts de fonds n'est pas radicalement influencé, même s'ils permettent aux ménages bénéficiaires de couvrir des dépenses incompressibles.
Mots-clés
Migration, Enfant left behind, Inégalités, Transfert de fonds, Côte d’Ivoire, Burkina Faso